Lumières sur : Cahier du Critik

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Un blog très complet et fréquemment mis à jour. Avec des articles qui se lisent tout seul. Mention spéciale aux billets entiers consacrés rien qu’aux soundtrack des films.

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Lone Ranger

Image Au milieu des films d’été avec ce qu’ils ont de bons et de moins bons. Lone Ranger s’impose comme le divertissement à voir avec autant de plaisir que Pirates des Caraibes en son temps. Un hommage aux westerns, tous les westerns, sur un plateau d’argent. Gore Verbinski s’impose comme auteur avec un style à part entière : Un grand gamin qui s’amuse toujours plus à concocter des scènes à l’humour bourré de culots où on ne rit pas qu’à moitié, des scènes de cascades abracadabrantesques (J’ai eu du mal à l’écrire celui-là) et le tout dans des décors toujours aussi grandioses (Mention spéciale aux plans tournés en décors naturels 100% vrai poussière de la Death Valley)

Cela fait longtemps que je n’ai pas eu l’occasion de poster ces temps derniers. Les vacances ainsi qu’un manque de tunes certains. J’ai opté pour une nouvelle présentation, désormais un rapide avis constructif sans spoilers précédera une analyse de films plus approfondis. Histoire de pas vous gâcher le plaisir (et surtout d’être quand même lu un minimum par ceux qui l’aurait pas vu)

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Lone Ranger est il le renouveau du Western ? Sûrement pas. M’est avis que ces dernières années, le Western est le genre qu’on se plaît à ressusciter pour en faire un hybride en gage d’originalité.. Entre « Wild Wild West » trop déjanté, un  »Cow boy VS Envahisseurs » ahem…voilà, et un  »Django » ne pouvant pas être western, étant déjà un Tarantino. Et j’en passe.

Lone Ranger lui, est mi-western, mi-fantastique. (Là où certains voyaient un film de super héros également) Un fantastique qui sert tantôt au charisme du héros, tantôt au lyrisme défenseur des bienfaits cathartique du cinéma. (Comme c’est à la mode depuis un certains temps…) En témoignent les séquences dans la galerie itinérante où le vieux Tanto raconte son histoire pleine de magie, dans un contexte désabusé où l’ouest sauvage n’est plus qu’une statue de faux bison dans une attraction foraine. Le décor artificiel où est enclavé le vieil emplumé est comparable à un écran de cinéma. Il se plait d’ailleurs à jouer avec les limites de cet espace, s’approchant du bord, en évaluant les contours et poussant la limite invisible qui le sépare du petit garçon (Qui lui nous représente, nous, spectateur naïf découvrant l’histoire folle de ce duo, et ayant le choix final d’y croire ou non) J’en profite pour ajouter que je suis fan de la narration non-linéaire du film, très bien orchestré.

C’est une réécriture du western, donc. Là où Leone avec  »Il était une fois dans l’Ouest » détournait les codes du western spaghettis, Verbinski détourne ici les codes de  »Il était une fois dans l’Ouest » et de tous les autres western par la même occasion (Logique).  La vengeance finale du tacos (mexicain) Charles Bronson est ici celle d’un indien, Tonto. Le méchant est toujours l’opportuniste bâtisseur de chemin de fer, sauf que le braqueur de train se trouve être son frère avec qui ils effectuent une ruée non pas vers l’or, mais vers l’argent. La scène où ils attendent le train avec le vieil agent de la SNCWest. Le grincement du moulin à vent. L’attaque des indiens qui arrivent pile lorsque qu’on va chercher de l’eau au puit. La traversée du désert quand ils emmènent Cavendish à la pendaison, qui fait écho au film « Le Bon, la Brute et le Truand » aussi. Ça fait beaucoup de références. On les comptent plus à vrai dire.

Sans s’attarder trop sur les méchants, le twist sur la révélation de qui tire les ficelles est volontairement prévisible de la part de l’équipe du film. Donc arrêtez, chères critiques, de dire :  »Nul, c’est prévisible ! ». je vous félicite pour votre vivacité d’esprit, mais c’est fait exprès ! Juste une petite déception : Que William Fichner n’est pas une mort plus décente. Car il campait quand même un méchant remarquable pendant toute la première moitié du film. Mais il meurt dans une collision de wagon comme un vulgaire péon. Je voulais le voir atterrir au bout d’une corde d’une  pirouette prodigieuse après un combat dantesque avec Armie Hammer. Il a quand même arracher le coeur de son frère, quoi.

Si Johnny Depp prend toujours autant de plaisir à se grimer et à faire le pitre, on est content de ne pas avoir affaire à un Jack Sparrow déguisé en indien (Bien qu’ils soient tous les deux des parias, dérangés et légèrement portés sur la luxure) Ici, plus de démarche bringuebalante, mais un jeu reposant sur l’impassibilité de son visage. On pense à Buster Keaton dans  »le Mécano de la général » qui à la tête de sa locomotive et poursuivi par des bandits gardait la même face inexpressive, d’où il tirait son comique. Il s’en faut de peu pour qu’il laisse à Armie Hammer un peu de place à l’écran. Mais le personnage de ce dernier, avec sa touchante naïveté et un charisme certains arrive à se maintenir comme l’un des rôles principales (Car il est évident que Depp, même si il est présenté comme second rôle et narrateur de l’histoire du Lone Ranger, raffle la mise du rôle principal dans le coeur des spectateurs.)

Si Depp a réussi à mieux appréhender sa relation avec Hammer dans le film. C’est peut être parce qu’il jouait lui même le rôle de cet être candide ramené à la vie (ou à la non-mort du moins) J’étais ainsi obligé de parler du western  »Dead Man » de Jim Jarmush, qui à mon avis a profondément influencé le film, et où le compagnon de route  de Johnny n’est autre qu’un indien emplumé et désincarné nommé  »Nobody ».

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Le rôle de la femme ?

Elle sert à rien. Je veux dire, à part être la récompense finale du héros, ce qui en soit est déjà particulièrement cliché et ridicule. De plus, leur histoire respire l’incohérence à pleins nez.

Soit disant qu’elle l’a toujours aimé à la place de son frère, le courageux mais un peu rustre Ranger du Texas, digne homologue de Chuck Norris (Certes, c’était facile)

Bon okay, mais c’est pas une raison en tant que veuve toute fraîche de se mettre à emballer le frangin aussitôt qu’il nous sauve des méchants pas beaux. Encore, sur ce point là, c’est surtout l’esprit de provocation de Gore à l’œuvre,. Et qui marche plutôt bien vu qu’on ne peut s’empêcher de décocher un sourire. Mais attendez, ce qui suit, ça mérite la mention WTF x1000. Après avoir sauvé madame, chevauchant son étalon, et avec sa plus belle voix de krouner, il fait un speech supposément mi-épique, mi-émouvant sur le fait qu’il ne peut rester. Tandis que sa belle le regarde partir d’un sourire niais en le gratifiant d’un dernier mot d’adieu encore plus idiot. Ensuite il n’épargnera pas au fils de son frère un petit sermon viril, comme quoi le petit est devenu un vrai mâle.

On sait que c’est supposé montrer l’évolution du héros, qui vivait dans l’ombre de son frère, mais dans cet scène il perd complètement la maladresse et la morale stérile qui faisait en principe son charme auprès de la belle. Pourquoi alors le montrer comme devenu la copie de son frère bourru et toujours absent simplement avec un masque en plus ? Ensuite, puisqu’on parle des femmes, Helena Bonham Carter n’apparait pas tant que ça au final. Elle faisait une tête d’affiche en plus. Mais c’est toujours un plaisir (cinématographique) de la voir affriolé encore plus n’importe comment que dans les films de son mari. Son rôle de prostituée reconvertie et l’incroyable ambiance de son lupanar (un huit clos à l’ambiance de Port Royal dans PDC) suffisent à justifier de la parenthèse agréable qu’elle apporte au film. Même si elle est très vite expédiée.

Attention : Les lois de la gravité ne s’applique pas ici.

Les personnages font des chutes d’une trentaine de mètre de haut. Et où dans un film traditionnel, il serait réceptionné par un tas de paille ou un matelas rembourré, ici c’est dans un wagon de train remplis…de minerais d’argent. Mais pas une égratignure hein. Ou alors ils survivent à un choc qui de l’autre côté fait s’oblitérer une locomotive. Mais bon, c’est fait exprès et tellement gros qu’on apprécie car nous fait nous rappeler qu’on regarde un film. Même si notre esprit aura tendance a dérailler quand les wagons de trains et les personnages virevoltants d’une corde à une autre s’enchevêtrent au milieu des divers mouvements de leviers, balanciers en esquivant au passage les copeaux de bois et éclats de verres volants un peu partout (Dans la scène finale notamment) En bref, ceux cherchant un film divertissant et efficace, à la mise en scène irréprochable et à la narration charmante, à l’humour novateur, à la photographie splendide montrant la Vallée de la mort comme jamais auparavant, et enfin à la pointe de lyrisme plutôt touchante, ne devrait surtout pas passer à côté de Lone Ranger

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